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Démystifier le recyclage


De nos jours, il n’est pas étonnant de voir des bacs bleus en bordure de rue, prêts à être ramassés, remplis à pleine capacité de bouteilles en vitre, de papier, d’emballage de plastique, de cartons, et bien d’autres objets de toute sorte qui se dirigent tout droit vers le centre de tri. Pour la plupart d’entre nous, déposer une bouteille d’eau de plastique dans un bac de recyclage est naturel et intuitif. Imaginez mettre une pile de papiers à la poubelle plutôt qu’au recyclage: c’est presque impensable! À l’ère des changements climatiques, le recyclage est un processus devenu essentiel.


Pourtant, bon nombre des matières recyclables finissent dans les sites d’enfouissement, tout comme vos déchets. Selon Recyc-Québec, en 2011, seulement 59% des matières recyclables provenant du secteur résidentiel ont été recyclées. En d’autres mots, près d’une personne sur trois ne participe pas à la collecte sélective, qui est offerte à 99% des citoyens de la province à leur domicile. Ce chiffre étonnant nous force de constater qu’il y a encore d’énormes progrès à faire avant que le recyclage soit un réflexe dans tous les foyers québécois.


Bien sûr, il est désolant de constater que d’énormes quantités de matières recyclables ne seront pas récupérées, mais d’autres problématiques importantes s’additionnent à cet enjeu. Entre autres, le recyclage est un processus qui demande énormément de ressources. Non seulement il engendre d’énormes coûts reliés au transport, au triage, à l’entretien de la machinerie des centres de tri, mais on utilise aussi des ressources énergétiques et humaines pour chaque contenant recyclable que vous déposez dans votre bac.

Autre fait étonnant: il en coûte moins cher pour enfouir nos matières recyclables que de les recycler. Le coût d’enfouissement des matières est estimé entre 30$ et 50$ par tonne, et de 120$ à 150$ pour les recycler.


La réalité est telle que les centres de tri sont saturés de travail, et que les coûts qu’ils engendrent sont énormes. Au Québec, les centres de tri n’ont pas tous la capacité de recycler tous les types de matières recyclables. Il y a donc certaine quantité de ces matières qui sont exportées à l’extérieur de la province, qui engendrent d’autres coûts, qui augmentent le nombre de camions sur nos routes, qui utilisent plus de pétrole... Les conséquences sont grandes!


L’enjeu du verre


Au Québec, environ la moitié du verre qui se retrouve au bac de recyclage provient des bouteilles achetées à la SAQ. C’est donc dire que la société d’état possède une grande responsabilité quant à la gestion du verre comme matière recyclable. Pourtant, ni la SAQ ni le gouvernement ne met en place un service de consigne sur les bouteilles pour faciliter le tri de cette matière. Dans nos bacs bleus, le verre finit souvent par se casser, contaminer les autres matières recyclables, et devient difficile à trier et à recycler. De plus, le verre est une matière qui peut être recyclée à l’infini (si elle est bien triée et toujours pure), mais qui n’est pas très utile dans un site d’enfouissement. Il serait tout à fait logique que la SAQ fournisse aux citoyens un accès à la consigne du verre. Comme citoyen, il est difficile de contrôler le bris du verre dans notre bac bleu, mais on peut certainement continuer de faire pression pour avoir un meilleur triage du verre. Le